CAM de Deborah D
Page d’accueil Partagez votre CAM Témoignages CAM




Description de l'expérience :

Mon demi-frère Joey est décédé à l'âge de 12 ans. Ce fut une mort soudaine et inattendue. Il avait laissé tomber un pétard dans une citerne d'essence isolée, située au milieu d'un champ. Joey et moi étions les meilleurs amis du monde ; je l'aimais comme s'il avait été mon propre frère. Mon père et la mère de Joey n'étaient mariés que depuis un an environ lorsque le drame est survenu.

La nouvelle de sa mort m'est parvenue par téléphone, alors même que je venais tout juste de décider d'appeler mon père pour discuter un peu. Lorsqu’il a décroché, mon père était en larmes et sanglotait. Je lui ai demandé ce qui n'allait pas. Il m'a répondu : « Joey est mort ». J'étais horrifiée par ce que je venais d'entendre. Sous le choc, refusant d'y croire, j'ai raccroché immédiatement. J'avais passé cet appel depuis une chambre située à l'étage. Je me suis précipitée vers l'escalier ; tout ce dont je me souviens, c'est d'avoir éclaté en sanglots et crié de détresse.

J'ai senti que je perdais l'équilibre et basculais vers l'avant, au moment précis où ma mère accourait vers moi dans l'escalier. Elle m'a empêchée de tomber et m'a serrée dans ses bras. Je sanglotais de manière incontrôlable contre elle. Elle m'a demandé, elle aussi, ce qui se passait. Je lui ai alors répété ce que mon père venait de me dire. Au même instant, le téléphone a sonné à nouveau ; ma mère a décroché. C'était mon père qui rappelait pour s'assurer que j'allais bien. Il a expliqué alors à ma mère les circonstances exactes de la mort de Joey.

Nous avons organisé les funérailles de Joey quelques jours plus tard. Toujours profondément bouleversée et en colère d'avoir perdu mon frère et meilleur ami, je vivais chaque journée comme une simple routine, comme si l'on me guidait pas à pas. Je ne me souviens pas avoir souri ou ressenti la moindre joie, ne serait-ce qu'une seconde. J'ai eu de nombreux moments où je confiais à Dieu, en privé, à quel point j'étais en colère que Joey ait été arraché à ma vie. Je n'avais même pas eu le temps de lui dire adieu. La nuit, je levais les yeux vers le ciel et remarquais une étoile plus brillante que toutes les autres. D'une certaine manière, je sentais que Joey était lié à cette étoile.

Il suffisait que j'entende sa chanson préférée à la radio pour que les larmes se mettent aussitôt à couler sur mes joues. Je me sentais paralysée dans la vie. Incapable d'avancer à cause de cette perte, je ne savais absolument pas comment me tirer de cette situation. Toujours triste, toujours à fleur de peau, je me sentais de surcroît trahie et constamment en colère. Six mois s'étaient écoulés et, alors que tous ces sentiments continuaient de régir ma vie, je me suis retirée dans ma chambre et j'ai fini par m'effondrer.

Je suis tombée à genoux et j'ai prié à voix haute le Dieu Tout-Puissant. J'étais seule à la maison à ce moment-là ; je pouvais donc crier aussi fort que je le voulais, et c'est exactement ce que j'ai fait. Toute ma colère, toute mon émotion se sont déversées dans cette prière. J'ai dit à Dieu à quel point il était injuste que mon petit frère, que j'aimais de tout mon cœur, ait été ainsi arraché à ma vie. J'en voulais à Dieu de l'avoir repris de cette façon, sans me donner la chance de lui dire adieu. J'ai confié à Dieu que je me sentais prisonnière de cette existence, incapable de trouver le moyen d'aller de l'avant. J'ai supplié Dieu de m'offrir l'occasion de lui faire mes adieux et de dire à Joey à quel point je l'aimais. J'ai pleuré de manière incontrôlable tout au long de cette terrible épreuve. Épuisée au bout d'une heure environ, je me suis allongée sur mon lit avant de plonger dans un profond sommeil.

Cela a paru se produire presque instantanément, bien que je ne puisse en être tout à fait certaine : je me suis retrouvée en train de marcher dans un parc, sous un soleil éclatant, par une journée d'une douceur parfaite. Le décor était resplendissant et haut en couleur, fait d'herbe verte, d'arbres, d'arbustes et de fleurs magnifiques. J’ai tourné la tête vers la droite et là, juste à mes côtés, se tenait Joey. Nous nous sommes tenus par la main et marchions ensemble. Je lui ai confié à quel point j'avais été bouleversée par sa mort, et combien j'étais en colère de ne pas avoir eu l'occasion de lui dire adieu. J'avais impérativement besoin de lui dire combien je l'aimais.

Il m’a regardée avec compassion et une immense compréhension. Je savais, au regard qui brillait dans ses magnifiques yeux bruns, qu'il ressentait ma douleur tout autant que moi et qu'il la comprenait parfaitement. Il m’a dit combien il était désolé de me voir souffrir de sa perte, tout en m’assurant qu'il allait bien et que je n'avais nul souci à me faire pour lui.

Je lui ai dit que je l'aimais tant, et il m'a souri. En une fraction de seconde, une voix - qui semblait être celle d'un homme - a dit : « Il est temps pour toi de revenir maintenant ». Joey a eu l'air de savoir qu'il devait partir, mais je voyais bien qu'il luttait à l'idée de me quitter. J'ai commencé à paniquer ; j’étreignais fermement sa main en répétant : « Non, non, Joey, tu ne peux pas me quitter encore une fois ; pas encore ; je ne pourrai pas le supporter ».

Les larmes coulaient à flots sur mon visage et ma voix était empreinte de désespoir. Je l'ai vu prendre mes sentiments en considération, puis, l'instant d'après, il avait disparu, s'échappant de ma main. Il m'est alors apparu clairement que la vie et la mort sont bien réelles. La mort ne signifie pas la fin. Elle signifie simplement que nous rentrons à la maison. Lorsque Dieu nous rappelle auprès de Lui, il n'y a pas de choix à faire ; nous partons, tout simplement.

J'ai dû apprendre à poursuivre ma route sans la présence physique de Joey dans mon quotidien, tout en sachant qu'il se trouvait désormais dans un lieu de paix. Dieu m'a toutefois accordé ce que je Lui avais demandé : la chance de dire à Joey que je l'aimais et de lui faire mes adieux. Le chagrin que nous éprouvons face à la perte d'un être cher est une épreuve difficile à surmonter, car nous sommes des êtres humains, imparfaits et égoïstes. C'est un combat. En réalité, cette séparation n'est que temporaire. C'était beaucoup à assimiler pour une jeune fille de 14 ans, mais avec l'aide de Dieu, tout est devenu plus simple dès l'instant où je l'ai sollicité.

Désormais, je perçois la mort comme un simple retour à la maison. J'ai récemment perdu ma mère, emportée par un cancer. Elle me manque terriblement, mais je sais qu'elle est aimée et heureuse au Ciel ; c'est là une nouvelle occasion où je dois m'efforcer de ne pas céder à l'égoïsme et remercier Dieu d'avoir mis fin à ses souffrances. Jusqu'à ce que nous nous retrouvions, je continuerai d'avancer.

Renseignements généraux :

Y avait-il des médicaments ou substances associés susceptibles d'affecter l'expérience ? Non

Ce type d’expérience était-il difficile à décrire ? Non

Au moment de cette expérience, y a-t-il eu un événement mettant la vie en danger qui y était associé ? Oui

Quel était votre niveau de conscience et de lucidité durant l'expérience ? Je sais que je m'étais endormie sur mon lit, et pourtant, tout cela m'a semblé si réel et si clair. Même aujourd'hui, 33 ans plus tard, c'est d'une clarté cristalline pour moi.

L'expérience ressemblait-elle à un rêve, d'une quelconque manière ? Oui

Avez-vous vécu une séparation de votre conscience d'avec votre corps ? Je ne saurais dire.

Quelles émotions avez-vous ressenties durant l'expérience ? Une joie débordante de revoir mon frère, de la panique à l'idée de devoir le quitter à nouveau, et une paix intérieure durable à mon réveil.

Avez-vous entendu des sons ou des bruits inhabituels ? Seulement la voix disant à Joey qu'il était temps de rentrer chez lui.

Avez-vous reconnu des lieux familiers, des lieux évoqués dans des enseignements religieux connus, ou rencontré des lieux habités par des créatures incroyables ou extraordinaires ? Je ne saurais dire. Cela m'a fait penser, d'une certaine manière, à un parc où ma famille avait l'habitude d'aller ; toutefois, Joey et moi n'y étions jamais allés ensemble avant son décès.

Avez-vous vu une lumière ? Je ne saurais dire. J'ai l'impression qu'il y avait un soleil éclatant et que la lumière est peut-être devenue encore plus vive du côté de Joey opposé à l'endroit où je me tenais, au moment où Dieu lui a dit de revenir.

Avez-vous observé ou entendu quoi que ce soit concernant des personnes ou des événements au cours de votre expérience qui puisse être vérifié ultérieurement ? Non

Avez-vous remarqué comment fonctionnaient vos cinq sens et, si oui, en quoi leur fonctionnement était-il différent ? Oui. Je sais qu'une partie de ce que je vous ai raconté a, en réalité, été communiquée sans paroles. En regardant Joey dans les yeux, tout semblait très clair et complet. Je connaissais ses sentiments et ses pensées.

Avez-vous eu l'impression que l'espace ou le temps étaient altérés ? Oui. Une fois que je me suis endormie, la rencontre avec Joey m'a semblée immédiate. J'ai eu le sentiment que nous avions passé un temps considérable ensemble. Pourtant, lorsque tout s’est terminé et que je me suis réveillée, il ne s'était écoulé qu'une vingtaine de minutes.

Avez-vous eu un sentiment de connaissance, un savoir particulier, une perception de l'ordre universel et/ou d'un but ? Oui. La mort ne signifie pas la fin. Cela signifie simplement que nous rentrons à la maison. Lorsque Dieu nous rappelle auprès de Lui, il n'y a pas de choix à faire ; nous partons, c'est tout. J'ai dû apprendre à poursuivre ma route sans la présence physique de Joey dans mon quotidien, tout en sachant qu'il se trouvait dans un endroit paisible. Dieu m'a toutefois accordé ce que je Lui avais demandé : la chance de dire à Joey que je l'aimais et de lui faire mes adieux. Le chagrin que nous éprouvons face à la perte d'un être cher est une épreuve difficile à surmonter, car nous sommes des êtres humains imparfaits et égoïstes. C'est un combat. En réalité, cette séparation n'est que temporaire.

Avez-vous atteint une frontière ou une structure physique limitante ? Non

Avez-vous participé à une décision concernant votre retour dans votre corps, ou en avez-vous eu conscience ? Non

Avez-vous développé des dons psychiques, paranormaux ou d'autres facultés particulières après cette expérience, que vous ne possédiez pas auparavant ? Oui, tel est le cas. À de nombreuses autres reprises dans ma vie, j'ai vu des événements qui se dérouleraient à l’avenir ou j’ai perçu des avertissements de danger avant même qu'ils ne surviennent. J'ai eu la prescience d'une maladie touchant mon père alors que je me trouvais à 2100 km de lui. J'ai entendu un doux murmure dans mon oreille gauche me dire : « Son mari va mourir », alors qu'une collègue se tenait à ma droite. Moins d'un mois plus tard, il décédait.

Vos attitudes ou vos croyances ont-elles changé à la suite de cette expérience ? Oui, ma foi s’est renforcée.

Comment cette expérience a-t-elle affecté vos relations ? Votre vie quotidienne ? Vos pratiques religieuses ? Vos choix de carrière ? Il me semble passer désormais plus de temps à essayer de faire comprendre aux autres ce que je comprends moi-même.

Votre vie a-t-elle changé spécifiquement à la suite de cette expérience ? Oui. Je crois différemment d'auparavant et, de ce fait, j'aborde la vie avec un esprit plus ouvert.

Avez-vous partagé cette expérience avec d'autres personnes ? Oui. Certains s'exclament : « Oh, là, là ! ». D'autres ont l'air de ne pas me croire, mais cela m'est indifférent.

Quelles émotions avez-vous ressenties à la suite de cette expérience ? Calme, compréhension, paix.

Quelle ont été la meilleure et la pire partie de votre expérience ? La pire partie a été les six mois qui ont précédé le moment où j'ai demandé à Dieu de m'aider. La meilleure a été la vision dont il m'a fait la grâce.

À la suite de cette expérience, avez-vous vécu d'autres événements, ou pris des médicaments ou des substances, qui en aient reproduit une partie ? Non

Les questions posées et les informations que vous avez fournies ont-elles décrit votre expérience de manière précise et exhaustive ? Oui