CAM de Lori B
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Description de l'expérience :
Je parle aux défunts depuis que je suis toute petite, principalement à mon grand-père, qui est décédé alors que j'étais encore très jeune. Nous nous aimions suffisamment pour avoir tissé un lien très fort, même à cette époque-là. À ce jour, je n'ai encore mis qu'un pied hors du placard, ne me prêtant à ces lectures que pour ceux qui me le demandent - ou plutôt, qui m'en supplient.
Ma grand-mère, son épouse, n'est décédée qu'il y a dix ans ; depuis lors, elle ne m'est apparue que brièvement et qu'à de rares reprises, bien que j'aie été également très proche d'elle. Au cours d'un incident particulièrement révélateur - survenu le jour de la fête des Mères de cette année 2003 - elle m'a fait comprendre que mon grand-père n'était désormais plus la seule personne avec qui je devrais m'entretenir dorénavant.
Ce dimanche-là, je courais la ville de long en large pour faire diverses courses, accompagnée de mes deux jeunes enfants à bord de la Ford Windstar que nous venions tout juste d'acquérir. Ma dernière étape était le magasin K-Mart, et j'avais hâte d'en finir avec cette ultime commission afin que nous puissions rentrer à la maison.
J'ai foncé dans le parking, repéré une place tout près de l'entrée et m'en suis rapidement emparée avant que quelqu'un d'autre ne la voie. J'ai fait sortir les enfants du véhicule en toute hâte et je m'apprêtais à me précipiter dans le magasin lorsque mon fils, alors âgé de dix ans, m'a retenue en disant : « Maman ! Qui a mis cette fleur sur le devant du capot ? » Posée au bas du capot, près de la calandre, se trouvait une fleur couleur fuchsia, sans tige et à laquelle il manquait un pétale. Ce n'est que par la suite que j'ai eu la certitude qu'il s'agissait d'une pivoine. J'ai toujours cru aux cadeaux de mon grand-père et j'ai déjà reçu d'autres signes de sa part, mais celui-ci était le plus tangible. Je l'ai remercié silencieusement, inondée d'un amour infini pour lui ; puis, j'ai glissé la fleur dans mon sac à main et je suis entrée dans le magasin.
Après avoir trouvé ce dont nous avions besoin, je me suis dirigée vers la file d'attente pour payer. Une seule caisse était ouverte. La file était assez longue, mais je me suis dit que puisque j'avais terminé mes courses, je pouvais bien rester tranquille un petit moment pour reprendre mon souffle.
Lorsque je suis arrivée en tête de file et que j'ai commencé à déposer mes achats sur le comptoir, j'ai aperçu un fragment de pétale de fleur posé là. Il correspondait exactement au morceau manquant sur la fleur que j'avais dans mon sac à main. À cet instant précis, mon regard a été attiré par le badge de la caissière discrète qui s'occupait de mes achats, avec son nom.
D'ordinaire, je ne prête pas attention aux noms ; je suis généralement bien trop distraite par mes enfants ou par le fait de me préparer à payer. Mais, comme je l'ai dit, mon regard a été irrésistiblement attiré. Elle s'appelait Bernice. Bernice, c'est le prénom de ma grand-mère. C'est alors que je me suis sentie presque honteuse de ne pas lui avoir témoigné davantage de reconnaissance au fil des ans. Je l'ai remerciée chaleureusement et me suis promise de ne plus jamais laisser passer un seul instant sans penser à elle.
Ceci s'est réellement passé dans un magasin K-Mart à Springfield, dans l'Ohio, sur Derr Road, le jour de la fête des Mères. Mes deux enfants étaient tout aussi émerveillés que moi de voir cette fleur sur le véhicule, après toute l'agitation dont j'avais témoigné juste avant de nous garer à cet emplacement.
J'ai appris par la suite, en racontant cette histoire à ma mère, que la fleur préférée de ma grand-mère était la pivoine.
Merci de m'avoir permis de partager cette histoire avec vous et vos lecteurs.
Sincèrement,
Lori B