CAM de Lori S
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Description de l'expérience :

J'ai le cœur lourd depuis la mort de mon fils. Il n'avait que 28 ans lorsqu'il a été tué sur le coup dans un accident de voiture. Il vivait alors en Géorgie. Il était marié et père d'un petit garçon de deux ans et demi. Il avait enfin atteint un stade de sa vie où il était pleinement heureux. Il avait un bon emploi, le couple venait d'acquérir sa première maison et s'y était installé en novembre 2003. Il a trouvé la mort le 6 février 2004. Ils avaient traversé bien des épreuves en tant que couple au cours de sa vie, jusqu'à tout récemment ; et puis, tout leur a été arraché.

J'ai reçu ce coup de fil déchirant de sa femme le 6 février 2004, m'annonçant qu'il avait péri en Géorgie. Nous vivons, nous, dans le Minnesota. Ma vie est désormais changée à jamais. Je n'ai même pas eu le temps de lui dire adieu ; c'est comme s'il avait été brutalement arraché à cette terre, et la douleur a été insupportable.

Chaque jour, je vais marcher durant ma pause déjeuner. Je pleurais et priais avec ferveur pour obtenir un signe de Dieu, afin de savoir que mon fils allait bien. Il ne voulait pas partir. Il aimait tant son petit garçon ; c'était le meilleur des papas. D'ailleurs, ce jour-là - le 6 février - il était parti plus tôt pour rentrer à la maison et jouer avec son « petit bonhomme ». C'était un jeune homme très travailleur ; il aimait sa femme et avait servi son pays pendant six ans au sein des U.S. Marines.

Ainsi, pendant une semaine, j'ai prié et pleuré, prié et pleuré encore. Puis, j'ai réalisé que ma prière était empreinte d'égoïsme ; j'ai alors changé ma façon de prier. J'ai donc prié à nouveau, durant une autre semaine, pendant ma pause déjeuner. J'ai véritablement ouvert mon cœur à Dieu et je lui ai demandé ceci : si telle était Sa volonté - que je reçoive de Sa part un signe m'assurant que mon fils allait bien - alors je pourrais continuer à aller de l’avant ; je saurais en effet qu'il reposait entre Ses bras, et cette douleur profonde, ce nœud qui me serrait l'estomac et le cœur, pourrait enfin me quitter. Il nous avait été arraché si soudainement que je n'avais jamais pu lui dire adieu ; et en tant que mère, j'avais besoin de savoir qu'il allait bien. J'ai ajouté que si, au contraire, Sa volonté n'était pas de m'accorder un signe, alors qu'Il ouvre mon cœur pour y entrer, afin d'en ôter ce fardeau terrible et ce chagrin immense. J'accepterai tout ce qu'Il déciderait, mais qu'Il m'aide à vivre cette douleur et m'apporte la paix, en m'assurant que mon fils reposait en paix.

Puis, le vendredi 16 avril, j’ai pris seule la route vers les villes pour m'occuper de mon petit-fils. Je roulais sur l'autoroute (la 35N), à hauteur de Clarks Grove, dans le Minnesota. Je n'en pouvais plus ; j'ai fini par m'écrier : « Bon sang, mon Dieu, s'il te plaît, donne-moi un signe pour me dire que mon fils va bien. Fais-moi voir un camion des Marines ». Mon fils avait servi dans les Marines pendant six ans. Jamais, au grand jamais, je n'avais croisé de camion des Marines sur cette route en montant vers les villes. Alors, bien entendu, je guettais ce camion ; et bien entendu, il n'y en avait aucun. J'ai fini par y renoncer, me disant que de toute façon, cela n'arriverait pas. Et c'est alors que le miracle s'est produit.

Je n'y pensais même plus - à ma requête, je veux dire. La circulation devenait très dense ; j'étais en pleine ville et, tout à coup, pour une raison quelconque, j'ai jeté un coup d'œil sur ma droite. Et là, il était là : « Un camion des Marines ». Il roulait juste à côté de moi ; j'avais l'impression qu'il me suffirait de tendre la main pour le toucher. Mais soudain, il a viré sur la droite pour prendre la sortie 494, et je l'ai regardé s'engager dans le virage. C'était le plus beau spectacle que j'aie jamais vu. Je me sentais si apaisée. J'étais tellement stupéfaite après coup que je ne pouvais penser qu'à une chose : « Oh là, là ! Dire que si je n'avais pas regardé sur ma droite, je l'aurais raté ».

Au moment où je suis arrivée chez ma fille, je pleurais à chaudes larmes. J'étais remplie d'une joie immense et profonde à l'idée que Dieu m'ait envoyé un signe, mais j'étais aussi effrayée, car je devais désormais lâcher prise, comme je l'avais promis à Dieu dans mes prières. Cela a été un moment d'une grande intensité émotionnelle pour moi, car j'ai réalisé que mon fils allait bien et qu'il reposait désormais dans les bras de Dieu. Ce poids qui oppressait mon cœur s'est enfin dissipé. C'était une étape majeure dans mon processus de guérison.

Pourtant, je reste triste. Il me manque terriblement, mais c'est une tristesse d'une nature différente. Je suis en paix, sachant qu'il va bien. Toutes les mères qui ont perdu un enfant peuvent comprendre cette paix que j'ai trouvée grâce à cette prise de conscience ; elles savent aussi qu'il reste encore du travail à accomplir pour apprivoiser la tristesse et le vide. Je suis triste en pensant au père et au guide qu'il aurait pu être pour son « petit bonhomme », ainsi qu'à l'époux qu'il aurait pu devenir. Il nous manque sincèrement. Je crois que la réponse réside simplement dans le fait d'ouvrir nos cœurs et de « laisser faire Dieu ».

Renseignements généraux :

Ce type d’expérience était-il difficile à décrire? Non

Avez-vous uniquement ressenti la présence du défunt, sans pour autant le voir, l'entendre, le toucher ou le sentir? Oui

Combien de temps l'expérience a-t-elle duré? Probablement une minute.

Le début et la fin de l'expérience ont-ils été progressifs ou plutôt soudains? Progressifs.

Avez-vous pu percevoir les émotions ou l'état d'esprit du défunt? Oui, j'ai senti que Dieu et Jay me faisaient comprendre que Jay - mon fils - allait bien.

Comment percevez-vous aujourd'hui la réalité de votre expérience? L'expérience était sans aucun doute réelle.

Veuillez expliquer pourquoi vous considérez votre expérience comme réelle ou non : Le camion des Marines est apparu lors d'une autre expérience - ou comme un signe émanant d'un autre membre de la famille - le jour même des funérailles. Ce camion des Marines semble être un signe envoyé par mon fils. Ce n'est pas un véhicule que l'on croise très souvent. Le jour de ses funérailles, le 11 février, l'un d'eux a été aperçu à Albert Lea, dans le Minnesota ; ça, ce n'est vraiment pas courant.

L'expérience ressemblait-elle, d'une quelconque manière, à un rêve? Non Décrivez en détail vos sentiments ou émotions au cours de cette expérience : « Oh là, là ! » Il y a bel et bien un Dieu ; il exauce les prières et réconforte ceux qui sont dans le deuil. J'ai ressenti une immense gratitude envers Dieu pour m'avoir envoyé ce signe ; il sait, lui, à quel point j'en avais besoin en tant que mère.

Y a-t-il eu une forme de guérison émotionnelle à la suite de cette expérience? Oui. Cela a joué un rôle déterminant dans mon processus de guérison, car Dieu m'a envoyé un signe pour me faire savoir que mon fils allait bien. Je n'avais jamais eu l'occasion de lui dire adieu ; ce signe m'a donc été d'une aide précieuse.

Quels ont été les meilleurs et les pires aspects de votre expérience? Le meilleur moment : savoir que mon fils, Jay, va bien. Le pire moment : savoir que je dois accepter la situation et apprendre à vivre avec cette tristesse.

Votre vie a-t-elle changé de manière spécifique à la suite de cette expérience? Oui. Je souhaite désormais passer le plus de temps possible auprès de ma famille. La vie est précieuse, et nul ne sait de quoi demain sera fait ni s'il sera encore là le lendemain.

Votre attitude ou vos croyances ont-elles évolué à la suite de cette expérience? Oui. J'ai toujours eu la foi, mais cette expérience - ainsi que le décès de mon fils - a éveillé mon esprit et m'a ouvert les yeux. J'ouvre désormais mon cœur à Dieu, et je me sens apaisée.

Cette expérience vous a-t-elle apporté de nouvelles compréhensions d'ordre spirituel concernant la vie, la mort, l'au-delà, Dieu, etc.? Oui. Si vous priez de tout votre cœur, Dieu vous entend et vous répond, à sa manière. Il faut savoir rester ouvert à toutes les possibilités.

Quelles émotions avez-vous ressenties au cours de cette expérience? De l'émerveillement, de la gratitude et de la tristesse.

Avez-vous éprouvé un sentiment de « savoir », acquis une connaissance particulière, ou perçu un ordre universel et/ou un sens à la vie ? Oui. Dieu nous vient en aide si nous le lui demandons par la prière.

Avez-vous partagé cette expérience avec d'autres personnes? Oui, avec toute ma famille. Ils ont tous reçu des signes, sous une forme ou une autre. Ils étaient heureux que j'en reçoive enfin un moi aussi. Tout le monde priait pour moi.

Avez-vous partagé cette expérience, de manière formelle ou informelle, avec un autre chercheur ou un site Internet? Non

Y a-t-il autre chose que vous aimeriez ajouter au sujet de votre expérience? Des signes envoyés par nos proches disparus existent bel et bien ; si vous ouvrez véritablement votre cœur et que vous y croyez, ils peuvent communiquer avec vous. Ma famille a reçu de nombreux signes.

Avez-vous déjà vécu, au cours de votre vie, une expérience de mort imminente, une expérience hors du corps ou tout autre événement d'ordre spirituel? Oui. J'étais auprès de mon père au moment de son décès. Je l'ai vu tourner son regard vers « l'autre rive », alors même que les anges l'appelaient. C'était une expérience extraordinaire.