CAM de Patricia W
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Description de l'expérience :

Tout d'abord, permettez-moi de dire que mon père était un homme merveilleux, un chiropracteur qui prenait soin de ses patients sans se soucier de leur capacité de paiement et qui acceptait littéralement, en guise de règlement, des palourdes – eh oui, des palourdes ! - ou tout autre objet, tel que des meubles faits main, que le patient pouvait se permettre d'offrir. Il aimait les gens de tous horizons ; c'était un homme pragmatique et efficace, qui savait économiser et menait une vie modeste, mais confortable.

Il était très créatif et se passionnait pour le jardinage, ainsi que pour ses enfants et ses petits-enfants. Il adorait les bébés, et les bébés l'adoraient en retour. Il ne croyait pas à l'au-delà et n'aimait pas la religion, qu'il jugeait profondément oppressive. Il n'aimait pas aborder le sujet de la vie après la mort, qu'il considérait comme une pure ineptie. C'était un homme en excellente santé ; il ne faisait pas ses 70 ans et il était très bel homme. Il aimait se promener, travailler le bois dans son atelier et, par-dessus tout, dénicher de vieux meubles abîmés pour leur offrir une seconde vie.

Tout s'est passé en quelques minutes, même si je suis sûre que ça couvait depuis quelques jours. Il a dévoré un bon repas, qu'il a apprécié, puis il s'est approché de la cuisinière à gaz quand soudain, une crise d'épilepsie l'a projeté par terre. À l'hôpital, on nous a dit qu'il souffrait d'encéphalite herpétique, contractée lors de la varicelle dans son enfance. Il s'est battu pendant près d'un mois. Maman et moi étions là à chaque instant, l'encourageant à se battre. Certains jours, nous étions certaines qu'il allait s'en sortir, puis le lendemain, son état s'aggravait.

Ces hauts et ces bas se sont répétés jusqu'au 27 janvier, date à laquelle il a rendu l'âme. Nous ne sommes pas arrivées à temps pour son décès, mais juste après. Nous l'avons serré dans nos bras et lui avons dit combien nous l'aimions. Il était encore chaud et nous voulions qu'il sache que nous ne lui en voulions pas d'avoir choisi d'abandonner. La situation devenait critique et, à la fin, il paraissait avoir 100 ans. J'étais furieuse qu'un homme aussi dynamique, en pleine force de l'âge, soit terrassé par un virus rare.

Mon père avait acheté un magnifique Dodge diesel, un vrai petit bijou. Il l'adorait et, comme un gosse, lui donnait tout ce qu'il pouvait ; c'était un vrai jouet ! Mon fiancé, Ric, avait acheté une Chevy, et mon père aimait bien le taquiner sur sa petite camionnette. En fin de compte, ma mère m'a donné le camion parce qu'elle est trop petite pour le conduire et qu'on ne voulait pas qu'il quitte la famille. Pour ma conduite, j'ai programmé sa radio sur mes stations préférées, les chaines 1 et 2, abandonnant les chaines 3 et 4 de mon père.

J'ai enclenché la station 1, « Good Time Oldies/Bon vieux tubes », et j'écoutais d'une oreille distraite, sans trop me concentrer, quand soudain j'ai entendu des conversations. En regardant la radio, j'ai vu qu'elle était branchée sur la station 4, NPR, celle qu’aimait mon père. J'ai cru avoir appuyé sur le bouton par erreur et je l'ai remise sur la chaine 1. Puis j'ai de nouveau entendu des débats ; j'ai regardé et elle était à nouveau sur la chaine 4. Ça a continué comme ça jusqu'à ce que je m'énerve, que je baisse le son et que je me dise que j'allais demander à ma mère si elle avait eu des problèmes avec la radio. Le lendemain, j'ai à nouveau branché sur la chaîne 1, « Bon vieux tubes », et elle s’est encore rebranchée sur la chaîne 4. Sans arrêt. Agacée, j'ai baissé le volume.

Le troisième jour, mon fiancé Ric conduisait et j'étais assise, écoutant ma chaîne 1 - « Good Time Oldies » - quand soudain, elle a changé. J'ai dit à Ric : « Regarde ce truc stupide, cela n'arrête pas de passer sur la chaîne 4 ! » Aucune autre chaîne, juste la 4. À maintes reprises, nous l'avons regardée basculer. Le canal du « Hood Canal » était ouvert pour laisser passer un navire des garde-côtes ; nous étions donc arrêtés sur le pont, j'appuyais sur la touche « 1 » et je regardais la radio brancher sur la « 4 », quand Ric a lancé : « Bob, arrête ! »

Là, j'ai reçu le choc de plein fouet - comme si on m'avait asséné un coup de massue - et j'ai éclaté en sanglots. Papa essayait d'attirer mon attention, mais je n'avais cessé de l'ignorer. Lorsque j’ai pris conscience que c'était lui, cela m'a bouleversée, j'ai senti mon visage devenir brûlant ; une sensation de flou m'a envahie, accompagnée de picotements électriques qui ont parcouru tout mon corps. J'ai alors murmuré : « Papa ? Si cela signifie que tu vas bien, alors nous irons bien, nous aussi ». C'était une certitude absolue, un savoir intime tel que je n'en avais jamais éprouvé auparavant ; j'étais absolument certaine que c'était lui. Il a changé la chaîne une dernière fois pour la remettre sur la 4 juste après que j'aie prononcé ces mots, et depuis lors, elle n'a plus bougé d'un iota – quelque soit l’intensité avec laquelle je la fixe du regard.

J'ai beaucoup pleuré ce jour-là, mais je l'ai remercié - lui, ainsi que Dieu - pour le don que j'avais reçu et pour le soulagement d'avoir eu un témoin ! Mon chagrin a évolué : d'une douleur déchirante, il s'est transformé en un simple manque. J'ai toutefois été amusée par la manière dont il était entré en contact avec moi. Vous voyez, nous partagions une vieille plaisanterie récurrente au sujet d'une radio.

Lorsque j'avais seize ans environ, je possédais une radio que j'écoutais à un volume très élevé, et le bruit le mettait hors de lui. Une fois, après m'avoir demandé à maintes reprises de baisser le son, il a fait irruption dans ma chambre et a piétiné l'appareil jusqu'à le briser. Ce avait été la seule et unique fois où il avait laissé sa colère éclater contre moi. C'est ainsi qu'est née notre plaisanterie : chaque fois que je l'agaçais, il me lançait : « Arrête ça, ou je vais piétiner ta radio ! » Il me répétait encore cette phrase alors que j'approchais de la quarantaine. J'ai donc ri en constatant qu'il avait choisi d'utiliser la radio ; et je reste émerveillée par son ingéniosité, lui qui a persévéré jusqu'à ce qu'il parvienne à capter mon attention.

J'aurais tant voulu être là pour voir l'expression sur son visage lorsqu'il est sorti de son corps, se retrouvant soudain dans un lieu où il n'aurait jamais imaginé être, ni même qui pût exister. Je sais qu'il voulait que je comprenne qu'il avait eu tort, qu'il y avait en nous bien plus que de la simple chair et des os et qu'il allait bien. J'en ai parlé à ma mère ; elle a ri, elle a pleuré, et elle est aujourd'hui profondément soulagée. Elle dit que, lorsqu'elle le rejoindra là-bas, après l'avoir embrassé, elle va le gronder pour l'avoir quittée si tôt, ainsi que pour quelques investissements qu'il a réalisés sans l'en informer. Mon père était l'homme le plus intelligent et le plus courageux qui soit ; même dans la mort, il a veillé à ce que sa famille puisse poursuivre son chemin et nous a fait savoir que tout allait bien.

Inutile de préciser que je suis immensément fière de lui ; fière et honorée que Dieu m'ait jugée digne d'être sa fille. Je ne saurais vous dire à quel point cette expérience était extraordinaire, ni à quel point elle a bouleversé ma vie.

Renseignements généraux :

Avez-vous entendu le défunt ou entendu quelque chose associé au défunt? Oui Décrivez ce que vous avez entendu, avec quelle clarté vous l'avez perçu et ce qui a été communiqué : La radio de son camion.

Avez-vous ressenti un contact ou éprouvé un toucher physique de la part du défunt? Oui. Mon visage - mes joues – se sont réchauffées, et cela a été accompagné d'une sensation de douceur, comme si des mains encadraient mon visage.

Ce contact vous semblait-il familier ou inconnu? Il était simplement chaleureux et rassurant.

Quelque chose a-t-il été communiqué par ce contact? Je pense simplement qu'il était apaisant.

Est-il possible que ce que vous avez ressenti soit provenu d'une autre source présente dans votre environnement au moment de votre expérience? Non

Avez-vous vu le défunt? Non

Avez-vous pu percevoir les émotions ou l'état d'esprit du défunt? Je ne saurais dire avec certitude ; je pense qu'il était soulagé d'avoir réussi à attirer mon attention.

Comment percevez-vous aujourd'hui la réalité de votre expérience? L'expérience était tout à fait réelle.

Veuillez expliquer pourquoi vous considérez votre expérience comme réelle ou non : C'est une certitude profonde, viscérale, comme par osmose, comme si cela faisait partie intégrante de moi. Auparavant, j'espérais simplement que la vie après la mort soit réelle ; j'avais peur de la mort et je craignais que le « néant éternel » ne soit, en fin de compte, la seule réalité probable. Désormais, je sais que la mort ne marque pas notre fin.

L'expérience s'apparentait-elle, d'une quelconque manière, à un rêve? Non

Décrivez en détail vos sentiments et émotions durant cette expérience : C'était comme si une lumière s'était allumée en moi, comme une prise de conscience radicale. Je me suis dit : « Oh mon Dieu, Papa ! » J'ai ressenti un immense soulagement pour lui, de voir que j'avais saisi le message, ainsi qu'une profonde gratitude envers Dieu pour avoir permis à mon père de me faire savoir qu'il allait bien - et ce, de la meilleure façon qui soit. J'étais remplie d'admiration devant l'ingéniosité de mon père pour avoir procédé de cette manière. Je plaisantais même avec lui sur le fait que j'avais eu tort au sujet de toute cette question de la vie après la mort.

Cette expérience a-t-elle apporté une forme de guérison émotionnelle? Oui. Je ne ressens plus cette douleur déchirante au creux de l'estomac. Je pleure encore parfois - des larmes de joie face à son incroyable courage, ou du fait de son absence - mais je ne me sens plus malheureuse. Je me sens même plutôt joyeuse, en dépit de mes sautes d'humeur prémenstruelles et du fait qu'il me manque ; ce que je ressens n'est plus de l'angoisse, mais simplement une absence.

Quels ont été les meilleurs et les pires aspects de votre expérience? Le meilleur aspect a été de savoir que mon père va bien et qu'il continue d'exister. Le pire : le désir d'établir davantage de contacts, tout en ne voulant pas le déranger constamment dans l'au-delà, de peur de passer pour quelqu'un de trop « envahissante ».

Votre vie a-t-elle changé spécifiquement à la suite de votre expérience? Oui. J'ai hâte de jardiner et de monter à cheval - des choses que je ne pensais pas pouvoir refaire.

Avez-vous constaté des changements d'attitude ou de croyances à la suite de cette expérience? Oui ; j'ai désormais la certitude absolue qu'il existe une vie après la mort, ainsi qu'un Dieu empli d'amour.

Cette expérience vous a-t-elle apporté une compréhension spirituelle nouvelle concernant la vie, la mort, l'au-delà, Dieu, etc.? Oui. C'est réel, et c'est un immense soulagement. J’éprouve une profonde admiration devant l'intelligence de Dieu, et devant la capacité de l'amour à traverser même un océan de mort.

Quelles émotions avez-vous ressenties au cours de cette expérience? Eh bien, j'étais impatiente de tout raconter à tout le monde, et ravie pour mon père. J'ai éprouvé une joie si intense que je ne parvenais plus à pleurer ; je ne sentais plus cette boule serrée dans ma poitrine. C'était comme si le plus lourd des fardeaux - celui de la vie même - venait d'être soulevé de mes épaules. Cela dit, la vue de son beau visage me manque terriblement. J'étais aussi soulagée d'avoir eu un témoin !

L'expérience a-t-elle été observée ou vécue par d'autres personnes? Oui, mon fiancé conduisait et en a été témoin.

Avez-vous ressenti un sentiment de « savoir », acquis une connaissance particulière, ou perçu un ordre universel et/ou un but précis ? Oui. C'est comme si tout s'était ouvert, et mon père a mis un point d'honneur à me faire savoir qu'il était là. Il aurait fait cela pour moi ; il aurait remué ciel et terre pour que je puisse aller bien. Et, au plus profond de moi, je n'ai jamais eu de certitude plus absolue que celle de sa présence, et du fait qu'il m'avait offert ce cadeau pour que je puisse être en paix et mener une belle vie.

Avez-vous développé des dons psychiques, paranormaux ou d'autres facultés particulières après cette expérience, que vous ne possédiez pas auparavant? Je ne saurais dire avec certitude. Il m'est arrivé de voir se réaliser des événements que j'avais pressentis. Une fois, alors que mon fils s'étouffait sur la banquette arrière de ma voiture, une voix a retenti dans ma tête, forte et percutante : « IL S'ÉTOUFFE ! »

Avez-vous partagé cette expérience avec d'autres personnes? Oui. Je l'ai partagée avec tous mes amis ainsi qu'avec ma mère. Ma mère est déçue qu'il ne l'ait pas contactée ; mes amis - et tout particulièrement Brenda - y croient, mais seule Brenda a vécu une CAM.

Avez-vous partagé cette expérience, de manière formelle ou informelle, avec un autre chercheur ou un site Internet? Non

Y a-t-il autre chose que vous souhaiteriez ajouter au sujet de votre expérience? Ce a été l'expérience la plus importante de toute ma vie, plus encore que la naissance de mon enfant.

Y avait-il des médicaments ou des substances associés susceptibles d'avoir influencé cette expérience? Non

À la suite de cette expérience, d'autres événements de votre vie, ou la prise de médicaments ou de substances, ont-ils reproduit une partie quelconque de cette expérience? Non

Les questions posées et les informations que vous avez fournies ont-elles décrit votre expérience de manière précise et exhaustive? Oui Veuillez nous faire part de toute suggestion que vous pourriez avoir pour améliorer ce questionnaire. Je l'ai trouvé excellent ; merci d'avoir créé un tel site !