CAM de Romona B
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Description de l'expérience :

Je ne m'étendrai pas sur la façon dont je me suis retrouvée là, mais j'étais dans une petite barque en aluminium, face à une immense paroi noire ; je savais que l'impact était imminent et je me disais que je ne pouvais rien y changer. Jusqu'à il y a quelques mois, j'étais incapable de me rappeler la suite des événements. La barque a percuté la barge et a basculé vers elle ; je suis tombée à l'eau, me suis cogné la tête contre la barge et me suis retrouvé dessous, à nager dans tous les sens pour trouver le rebord et m'extraire de là.

Impossible de trouver une issue, où que j'aille. Je n'arrivais pas à croire que j'allais mourir ainsi. Je pensais à mon fils, alors en classe de troisième, au fait que je ne pourrais pas finir de l'élever, à la douleur que cela lui causerait, et je regrettais de ne pas pouvoir le voir grandir. J'ai fini par abandonner : j'ai cessé de nager et me suis laissée aller. Puis, repensant à David, j'ai tenté une dernière fois ma chance. Dans quelle direction aller ? Je suis droitière, alors je suis partie à droite. J'ai fait avancer mes mains le long du métal jusqu'à ne plus rien sentir ; je me suis contorsionnée pour sortir de dessous la barge et je me souviens alors d'un froid intense, suivi d'un calme absolu et d'un sentiment de bonheur. J'ai entendu : « Elle ne respire plus ... mon Dieu, mon Dieu ».

Je me suis alors retrouvée hors de mon corps, si légère, si libre, si heureuse de simplement « être ». Tout le monde était tellement bouleversé, cherchant désespérément à m'aider, alors que je n'avais besoin d'aucune aide ; j'allais bien et j'étais comblée, plus heureuse que je ne l'avais jamais été. En paix, habitée par un sentiment d'acceptation et d'amour. C'était une sensation plus intense que tout ce que j'aie pu ressentir auparavant. J'ai alors réalisé que je détenais un savoir ; tout est si simple, alors que les gens compliquent tout inutilement. Ce qui m'a particulièrement frappée, c'est de comprendre pourquoi nous ne pouvons pas exploiter tout le potentiel de notre cerveau ; quelle révélation ! Nous portons en nous en permanence, dans notre âme, la connaissance de « l'autre côté », mais cette partie du cerveau reste en sommeil tant que notre cœur bat afin que nous puissions vivre ici-bas et apprendre ce qui est nécessaire à notre évolution – soit comprendre la souffrance émotionnelle, la douleur physique, la solitude absolue, le sentiment d'impuissance totale.

Lorsque le cœur s'arrête, nous recouvrons la totalité de notre savoir. Quiconque meurt voit et entend ce dont il a besoin pour que le passage vers l'au-delà soit accepté avec le plus de sérénité possible.

Attendez, il y a autre chose dont je veux me souvenir, puis ... j'ai si froid ... oh non, je suis de retour, je souffre, je veux y repartir. (On m'a pratiqué un massage cardiaque ; je n'avais plus de pouls ni de battements de cœur.) C'est l'école la plus éprouvante que je puisse fréquenter ; je n'en ai pas fini, il me reste des choses à accomplir et à apprendre. Ce sera plus difficile désormais, sachant où je pourrais être.

Renseignements généraux :

Ce type d'expérience était-il difficile à décrire ? Non

Au moment de cette expérience, y avait-il un événement mettant votre vie en danger ? Oui, j'étais coincée sous une barge ; j'essayais de trouver un moyen de me dégager, me disant que je ne pouvais pas croire que c'était ainsi que j'allais mourir.

À quel moment de l'expérience avez-vous atteint votre niveau de conscience et de vigilance le plus élevé ? Hors de mon corps, en train de flotter au-dessus de lui.

Comment votre niveau de conscience et de vigilance le plus élevé durant l'expérience se comparait-il à votre état habituel au quotidien ? Conscience et vigilance accrues par rapport à la normale.

Si votre niveau de conscience et de vigilance le plus élevé durant l'expérience différait de votre état habituel, veuillez expliquer :   Mon niveau de conscience et de vigilance s'est accordé sur une fréquence élevée. C'est la seule façon dont je peux l'expliquer.

Votre vue différait-elle de votre vision habituelle (sous quelque aspect que ce soit : aspect que ce soit : clarté, champ de vision, couleurs, luminosité, perception de la profondeur, solidité ou transparence des objets, etc.) ? Oui. Les couleurs étaient comme si des lumières vives étaient allumées à l'intérieur d'elles. Je n'étais pas solide ; j'étais faite d'une substance, mais j'étais très légère.

Votre ouïe différait-elle de votre ouïe habituelle (sous quelque aspect que ce soit : clarté, capacité à identifier la source du son, hauteur, volume, etc.) ? Je ne saurais dire.

Avez-vous ressenti une séparation entre votre conscience et votre corps ? Oui

Quelles émotions avez-vous ressenties durant l'expérience ? Un bonheur extrême.

Avez-vous vu ou entendu quelque chose concernant des personnes ou des événements qui ait pu être vérifié par la suite ? Oui

Avez-vous eu l'impression que l'espace ou le temps étaient altérés ? Oui. Je pouvais voir et ressentir la Terre, mais je savais que j'étais hors de mon corps, dans un nouvel endroit ; c'était un peu comme regarder de l'autre côté d'un miroir.

Avez-vous eu le sentiment d'accéder à un savoir particulier, à l'ordre universel et/ou à un but précis ? Oui. Voir ci-dessus.

Avez-vous atteint une limite ou une structure physique faisant obstacle ? Non. Il y a une lumière que l'on peut traverser ; certains s'y rendent et la franchissent seuls, tandis que d'autres ont besoin d'aide, selon ce qui met la personne à l'aise.

Je savais qu'elle se trouvait au loin, mais je voulais rester dans la dimension où je me trouvais pour m'arrêter et assimiler les connaissances que je recevais. Nous vivons dans ce monde, et il en existe un autre - celui où l'on vous mourrez - où je peux marcher à vos côtés, et ressentir vos pensées ainsi que vos émotions.

Je sais que nous venons ici-bas pour apprendre et garder en mémoire ce que nous ressentons, afin de comprendre le parcours des autres lorsqu'ils restent ici-bas alors que nous avons déjà décédé. Voici la meilleure façon de l'expliquer : Si vous ne vous êtes jamais cassé un os, vous ne pouvez pas comprendre ce que traverse la personne concernée ; mais si cela vous est arrivé, alors vous savez.

Avez-vous pris conscience d'événements à venir ? Je ne saurais dire. J'ai pris conscience des plus grandes épreuves et des problèmes les plus graves que ce monde ait jamais connus. Je sais qu'ici-bas, les épreuves vont devenir de plus en plus difficiles pour tout le monde. Les personnes présentes ici, ainsi que leurs enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants, sont les plus forts, et ce afin qu'ils soient capables de traverser ce qui les attend. Je ne me souviens pas en détail de ce qui doit arriver.

Avez-vous développé des dons psychiques, paranormaux ou d'autres facultés particulières après cette expérience, que vous ne possédiez pas auparavant ? Oui. Mon beau-frère est décédé en 2000. Il ne croyait pas à une vie après la mort. J'étais au téléphone avec ma sœur qui vivait à Walnut Creek, en Californie. Soudain, je n'ai plus vu que du jaune, comme si quelqu'un avait placé une feuille de papier jaune devant mes yeux. Puis cela a disparu et mon salon s'est rempli de bulles, des milliers de bulles. Le phénomène se répétait : la couleur jaune apparaissait puis disparaissait, suivie de milliers de bulles qui disparaissaient à leur tour. Ensuite, j'ai entendu une voix dans ma tête qui répétait : « Dis-le-lui, dis-le-lui, dis-le-lui » ; c'est devenu si fort que je n'entendais même plus ma sœur.

J'ai alors dit : « Marsha, je dois te dire quelque chose ; ça n'a aucun sens, je ne suis pas folle, mais je dois te le dire : BULLES JAUNES ». Elle n'arrivait pas à y croire. Elle était heureuse, tellement heureuse. Elle m'a raconté qu'un soir, son mari Bob et elle avaient regardé un film intitulé « Houdini » (je ne suis pas sûre de l'orthographe). Bob faisait remarquer qu'il n'y avait pas de vie après la mort. Marsha lui a dit qu'elle choisirait un mot secret, connu d'eux seuls, et que celui qui partirait le premier essaierait - s'il y avait une vie après la mort - de transmettre ce mot à celui qui restait ici. À ma grande surprise, ce mot secret était « Bulles jaunes ».

Elle l'avait choisi parce qu'il n'avait aucun sens ; personne n'aurait jamais lâché ces mots par hasard, à moins que l'un d'eux ne les transmette. Un soir, ma sœur Marsha a appelé et je lui ai dit de regarder les informations : quelque chose allait se passer sur le Golden Gate Bridge dans la semaine à venir, un événement rassemblant beaucoup de monde. Je voulais qu'elle m'appelle si cela arrivait. Elle a appelé : c'était arrivé, quelqu'un avait tenté de sauter.

Avez-vous partagé cette expérience avec d'autres personnes ? Oui. Voir ci-dessus.

Aviez-vous connaissance des expériences de mort imminente (EMI) avant de vivre la vôtre ? Oui. J'en avais entendu parler ici et là, sans y prêter vraiment attention.

Comment perceviez-vous la réalité de votre expérience peu de temps (quelques jours à quelques semaines) après qu'elle se soit produite :   L'expérience était indéniablement réelle. Je savais simplement c'était réel, grâce aux connaissances et à la compréhension acquises sur divers sujets sur lesquels je m'interrogeais, ainsi que sur d'autres sujets auxquels je n'avais jamais pensé. Je savais que c'était arrivé ; j'avais acquis des connaissances que je n'avais pas auparavant. Je regrette seulement d'en avoir perdu une grande partie, ne m'en souvenant plus que par bribes.

Y a-t-il eu une ou plusieurs parties de l'expérience qui ont eu une signification ou une importance particulière pour vous ? Oui, le fait d'apprendre que nos actions quotidiennes affectent d'autres personnes que nous ne connaissons même pas ou que nous n'avons jamais rencontrées. Tourner à gauche au lieu d'aller à droite. Aller à un spectacle plutôt qu'au centre commercial : tout ce que nous faisons crée des répercussions qui modifient autre chose. Là-bas, nous sommes profondément connectés les uns aux autres ; nous nous sentons très proches et nous nous aimons. Ici, dans ces corps, nous sommes déconnectés les uns des autres et très seuls ; c'est pourquoi un bébé a besoin de beaucoup de contacts physiques pour vivre : il est très difficile pour nous d'être aussi totalement isolés les uns des autres. Nous avons besoin les uns des autres bien plus que nous ne le pensons.

Comment percevez-vous actuellement la réalité de votre expérience :    L'expérience était tout à fait réelle.

Vos relations ont-elles changé spécifiquement à la suite de votre expérience ? Oui, je vois les amis différemment. Ils se plaignent de ceci ou de cela. Nous sommes là pour avoir des problèmes, les vivre, en tirer des leçons, évoluer et aller de l'avant. Dans les relations amoureuses, on rencontre quelqu'un, on tombe amoureux puis la relation se dégrade ; on s'apporte mutuellement une leçon ; on remplit tous les deux le but de la relation. Si on reste, on devient malheureux, l'autre aussi. Il y a tant d'autres relations à vivre, tu n'en as pas encore fait l'expérience, donc ton temps d'apprentissage ici n'a pas atteint son plein potentiel. Cela ne veut pas dire que certaines relations sont faites pour durer éternellement, mais certaines ne sont qu'une étape vers quelque chose de mieux. Si on se plaint sans trouver de solution, je préfère rompre la relation avec cette personne ; nous sommes faits pour apprendre et avancer.

Vos croyances/pratiques religieuses ont-elles changé spécifiquement suite à votre expérience ? Oui. Dieu est nécessaire dans ma vie, mais l'église est facultative.

Après cette expérience, avez-vous vécu d'autres événements, ou pris des médicaments ou des substances, ayant reproduit une partie de l'expérience ? Non

Y a-t-il autre chose que vous aimeriez ajouter concernant cette expérience ? Cette expérience m'a ouvert les yeux. Je ne suis plus la personne que j'étais, ce qui me manque parfois. Je vois le monde d'un autre œil ; le monde et sa signification m'apparaissent sous un jour nouveau, parfois un peu déroutant. Cette expérience m'a transformée ; le changement n'est pas toujours facile, mais je sais désormais qu'il est toujours nécessaire.

Les questions posées et les informations que vous avez fournies décrivent-elles votre expérience de manière précise et exhaustive ? Oui